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Pratique du yoga, Chaleur interne ou Chaleur externe artificielle ?

[ Feu intérieur : l'énergie de la transformation ]


TKV Desikachar, fils de Krishanamachaya et maître de yoga moderne, affirme que Tapas est un "moyen par lequel nous nous maintenons en bonne santé et nous purifions intérieurement", car tapas signifie également "purifier" en sanskrit. Ainsi, dans la pratique du yoga, tapas est la chaleur qui est générée lors de notre purification interne, comme le processus de purification de l'or.


Tapas, en élevant la chaleur intérieure, fait fondre les couches de tension inconsciente dans le corps, éliminant les blocages dans la circulation sanguine ainsi que dans les canaux énergétiques invisibles connus sous le nom de nadis, ou méridiens. Lorsque nous cultivons la chaleur spirituelle par Tapas, nous maintenons le corps en bonne santé et prenons conscience que notre état naturel est la paix intérieure et le véritable soi.

La synchronisation de la respiration et du mouvement dans les asanas réchauffe le sang, le nettoie et le fluidifie pour qu'il puisse circuler plus librement. L'amélioration de la circulation sanguine soulage les douleurs articulaires et élimine les toxines et les maladies des organes internes. La sueur générée par la chaleur du vinyasa et des postures évacue ensuite les impuretés du corps. Avec une pratique régulière des asanas ou du pranayama, le corps devient sain, léger et fort.


La respiration correctement exécutée, et bien placée, étant l’aspect le plus important, puisque c’est la respiration qui permet d’atteindre toutes les cellules du corps.


La chaleur intérieure crée également de l'énergie, de l'éclat et de la vitalité dans notre corps et un esprit clair et concentré.

Le maintien d'un équilibre entre le prana (force vitale), l'ojas (vigueur intérieure) et le tejas (rayonnement intérieur) contribue au bien-être et à la longévité. Notre système immunitaire est fort, et nous nous sentons pleins de vitalité. Notre peau rayonne, nos yeux brillent et notre esprit est alerte et concentré.


[ Mais qu'en est-il de l'environnement chaud artificiel ? ]


- Du point de vue ayurvédique -


Dans une salle de yoga à température artificielle élevée, l'exécution de postures dynamiques crée immédiatement Rajas Guna, et après le cours, Tamas Guna, un déséquilibre chronique des gunas qui peut provoquer des maladies physiques ou mentales.


Les trois gunas ont les attributs suivants :

Sattva

Intelligence, flexibilité, paix, intuition, clarté, bonheur, amour de soi, compassion, compréhension, créativité, bienveillance, humanitaire

Rajas

Action, dispersion, agitation, colère, jalousie, frustration, ego, autoritaire, agressivité, bruyant, surconsommation de stimulants, violence, motivé, recherche d'objectifs, bourreau de travail.

Tamas

Inertie, inflexibilité, abrutissement, stupidité, violence, perversion, dépression, malheur, manque d'amour, toxicomanie, délires, folie, tromperie, malhonnêteté...


Sattva devrait prédominer dans l'esprit, car c'est son domaine. Lorsque Rajas ou Tamas dominent, Manas (esprit émotionnel ou conditionné) devient perturbé.

(Cité dans un livre : The psychology of transformation in yoga par Vaidya Atreya Smith)


Sur le plan psychologique, lorsque vous rentrez dans une pièce chauffée, Raja, qui est la dispersion, va augmenter, et en pratiquant un Yoga dynamique, cette dispersion va encore augmenter. Par la suite, il y aura eu tellement de dispersion, et comme un soufflet qui s’arrête de souffler sur la braise ardente, tout redescendra pour laisser place à l’inertie, Tamas.


Dans la psychologie, la combinaison de Rajas et Tamas engendre des problèmes psychologiques. C’est le même cocktail que ce que propose le rythme de la vie moderne vécue de nos jours. Cela peut paraître fou, mais il y a beaucoup de personnes qui ne s’en rendent plus compte. Et c’est particulièrement vrai lorsque la pluspart des gens sortent d’une séance de yoga dans le chaud, sur le moment, cela amènera une sensation d’apaisement extrême, qui rendra l’individu dépendant de cette sensation.


Ce principe peut s’appliquer à toutes les formes de yoga appelées dynamiques qui ne sont pas pratiquées dans le chaud, comme l’Ashtanga Vinyasa Yoga ou d’autre forme de Vinyasa Yoga. Pas que ces pratiques ne soit pas bonne, pour autant qu’elle soit mise en place avec intelligence. Elles ne devraient jamais être pratiquées rapidement, mais très lentement avec une respiration lente, douce et consciente, et adaptées à l’individu, ce qui ne devient plus un Yoga dynamique dans l’excès. Mais on va favoriser la lenteur et la conscience de chaque instant, afin d’engendrer le calme et la clarté, et sans attente d’une quelconque performance.


Dans les pratiques de yoga chaud, la respiration ne peut tout simplement pas s’exercer correctement, comme un yogi devrait l’exercer pour atteindre toutes les cellules du corps avec une pleine attention. La création de cette chaleur interne, associée à la chaleur externe produite artificiellement dans la salle de pratique, amène une telle dispersion que cette chaleur devient excessive à tous les points de vue. Dans ces conditions, garder une qualité du souffle devient une lutte, devenant totalement déraisonnable de le maintenir, et crée un déséquilibre sur tous les plans, physique et subtils.


Mais alors quand est-il des endroits dans le monde où il fait naturellement chaud comme en Inde, et bien la différence, c’est qu’il fait naturellement chaud, le corps et déjà adapté à l’endroit.


Dans les endroits dans le monde où il fait froid, la température de la salle à tout intérêt à ne pas être trop chauffé. Vous créez votre propre chaleur interne, que ce soit dans la pratique des asanas ou du Pranayama. Vous sentirez mieux les limites du corps avec un esprit claire, et travaillerez avec celle-ci de manière intelligente, sans excès et avec acceptation.


Selon le principe des trois Doshas de l'Ayurveda (*1), lorsqu'une énergie doshique spécifique attire une augmentation de sa propre énergie doshique, cela devient un déséquilibre, une aggravation et, avec le temps, une maladie chronique. En fait semblable augmente semblable.


Si vous êtes un Dosha Pitta et que vous pratiquez le yoga chaud de manière régulière, vous risquez d'accumuler un excès de chaleur ou de Pitta, ce qui peut littéralement vous “brûler”. Si vous êtes un Dosha Vatta et que vous pratiquez le yoga dynamique de manière régulière, vous risquez d'accumuler un excès de mouvement ou de Vatta, ce qui peut littéralement vous “assécher”. À la limite seul Kapha Dosha en excès pourrait en bénéficier, mais si on compare les pratiques thérapeutiques Ayurvédique, comme Svedana (une thérapie par la sueur, en application d’huile et dans un caisson de vapeur), la tête reste en dehors du caisson afin que le système nerveux ne soit pas mis à mal, et l’application d’huile (Snehana) permet de protéger les Dathus (tissus) les empêchant d’être endommagés par l’application de la chaleur. Svedana est utilisé uniquement pour les troubles Vatta et Kapha.


Il y a une raison simple à maintenir la tête hors de la cabine à vapeur. Cela maintiens le corps dans un état de relaxation (parasympathique) où la guérison et la désintoxication sont facilitées.


Une tête chaude déclencherait une réponse d'urgence (sympathique, combat ou fuite) et l'arrêt de tous les bénéfices prévus. Le corps ne peut rajeunir et se désintoxiquer que lorsque le système nerveux est dans un état calme. En cas de surchauffe, le corps supportera le stress thermique, mais pour se réparer, brûler les graisses, perdre du poids et se désintoxiquer, le corps doit être en dominance parasympathique.


(*1) Que signifie Dosha ? Dosha fait référence à une humeur corporelle (ou centre bioénergétique) en médecine ayurvédique. Le terme vient du sanskrit dosa, qui signifie "défaut" ou "maladie".


Il existe trois doshas au total : vata, pitta et kapha. Leurs énergies sont censées circuler dans le corps et régir les caractéristiques physiques, mentales et émotionnelles. Chaque personne a un dosha dominant ou une combinaison de doshas. Dans la méde